Qu’est-ce que l’investissement en nue-propriété ?

Qu’est-ce que l’investissement en nue-propriété ?

Un investissement en nue-propriété consiste à acquérir un actif immobilier tout en renonçant au droit d’usage pendant une période déterminée.  Ce produit original révèle la plupart du temps une stratégie patrimoniale efficace. En effet, de plus en plus de Français se tournent vers ce type d’achat en nue-propriété. Retour sur ce dispositif d’achat immobilier encore méconnu.

Le principe de l’investissement en nue-propriété

Lorsqu’on parle de démembrement de propriété d’un bien, la nue-propriété et l’usufruit sont exercés par deux personnes différentes.
Ce dispositif est souvent utilisé dans le cadre familial, lors d’une succession par exemple. Le conjoint survivant décide de faire jouer son droit à l’usufruit sur les biens. La nue-propriété est alors transmise aux enfants, jusqu’au décès du second parent.

Investir en nue-propriété consacre le principe juridique du démembrement de propriété. Ainsi le contrat de vente ne porte que sur la nue-propriété du bien, c’est-à-dire les murs du bien. La plupart du temps, il s’agit d’un actif immobilier résidentiel. Qui dit nue-propriété, suppose qu’une autre entité demeure usufruitier de l’actif. Ce dernier en fera un usage locatif et en percevra les fruits (loyers) pendant une durée déterminée.

Le droit de propriété, qui est un droit réel, va donc être démembré avec la cession d’une part de la nue-propriété et d’autre part de l’usufruit.

Pour rappel, la nue-propriété est le droit permettant à son titulaire de vendre un actif immobilier (abusus). A contrario, l’usufruit permet à son titulaire de conserver l’usage de l’immeuble (l’usus) et d’en percevoir les revenus (fructus).

L’achat en nue-propriété est un dispositif d’investissement immobilier de long terme. Ainsi, il permet à l’investisseur de devenir rapidement propriétaire sans profiter immédiatement de la jouissance de celui-ci. En règle générale, l’usufruit de l’immeuble sera rétrocédé de plein droit au nu-propriétaire au terme de la période de démembrement variant généralement  de 15 à 20 ans. A l’issue de ce délai, le nu-propriétaire pourra occuper lui-même son logement, le vendre, ou encore le mettre en location, comme l’usufruitier avant lui. La pleine propriété sera de automatiquement reconstituée.

Pendant cette période de démembrement, l’usufruitier va percevoir les fruits de son bien : revenus locatifs et assurer la gestion locative du bien. Avantage complémentaire pour le nu-propriétaire : l’usufruitier prendra en charge l’ensemble des dépenses d’entretien et taxes liées à la détention du bien.

Les Avantages de la nue-propriété

L’investissement en nue-propriété présente de nombreux avantages :

  • L’acquisition du bien se fait à prix réduit. L’investisseur va bénéficier d’une décote de 35 à 40 % par rapport à l’acquisition d’un actif d’une pleine propriété.
  • Un investissement fiscalement neutre
  • Une optimisation fiscale pour les investisseurs ayant des revenus fonciers importants
  • Sérénité de l’investissement : aucune gestion locative
  • Une reconstitution automatique de la pleine propriété au terme de la période de démembrement
  • Absence de charges : les frais d’entretien, de gestion et les taxes liés au bien sont supportés par l’usufruitier.
  • Un investissement pertinent dans le cadre d’une donation ou d’une succession 

A quels types de profil s’adresse la nue-propriété ?

L’investissement en nue-propriété s’adresse en priorité aux foyers disposant déjà d’un patrimoine immobilier mais également, depuis plusieurs années, à des profils plus jeunes.

  • Les foyers avec une tranche d’imposition élevée

Avec l’acquisition d’un bien en nue-propriété les foyers fortement fiscalisés peuvent réaliser des économies considérables. De plus, le bien peut constituer à terme un complément de revenus, ou être revendu avec une plus-value à la clé.

Comme évoqué précédemment, l’achat en nue-propriété d’un immeuble permet de défiscaliser ses revenus fonciers. Pendant la durée de démembrement, c’est l’usufruitier (professionnel de la gestion locative) qui va payer les impôts. Ce mécanisme est très intéressant pour les contribuables lourdement fiscalisés. En effet, le nu-propriétaire ne perçoit pas de loyers.  Il n’y a donc aucune incidence sur son imposition.

De plus, si l’investisseur achète à crédit il pourra déduire les intérêts d’emprunt de ses autres revenus fonciers avec la possibilité de créer du passif et de générer du déficit foncier.

Enfin, pendant toute la durée du démembrement, la valorisation de la nue-propriété ne sera pas prise en compte dans l’évaluation du patrimoine imposable à l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). Là encore, c’est l’usufruitier qui déclare le bien dans son patrimoine.

  • Les investisseurs plus jeunes souhaitant se constituer un patrimoine

Entre 25 et 35 ans, ces nus-propriétaires sont motivés par le prix d’acquisition décoté. De plus, l’absence totale de contrainte de gestion et de charge leur garantit sérénité pendant toute la durée du contrat.

Leur objectif est principalement d’obtenir un complément de revenus une fois le démembrement terminé, en mettant le bien en location ou en le revendant, ce qui peut permettre d’encaisser une plus-value au passage. A terme, ils pourront aussi, si le souhaitent bénéficier d’une résidence principale.

En résumé, investir en nue-propriété offre de sérieuses garanties aux personnes qui souhaitent se constituer un patrimoine immobilier tout en bénéficiant d’avantages fiscaux très intéressants. Ce montage est toutefois relativement pointu et s’adresse à des investisseurs avertis, qui y verront un outil d’optimisation fiscale puissant. C’est en outre, une très bonne méthode pour préparer sa retraite. Il est vivement recommandé de faire appel à un professionnel afin de se faire accompagner dans ce type d’investissement. Et si vous souhaitez vendre un bien acquis en nue-propriété, faites appel à l’agence lb2s, spécialiste en démembrement de propriété sur le marché secondaire pour estimer sa valeur.

Cet article vous est proposé par iPlus

Présent sur le marché de la nue-propriété depuis 2008, iPLUS commercialise plus de 300 lots par an.

 

L’évolution de l’hébergement des seniors

L’évolution de l’hébergement des seniors

Pour comprendre la structuration du marché de l’hébergement des seniors, il convient de revenir dans les années soixante-dix. Trois révolutions ont alors lieu. 

Trois révolutions de l’hébergement des seniors

La première concerne la loi du 30 juin 1975 qui crée le secteur du médico-social et considère que l’hébergement des personnes âgées ne se fera plus dans un cadre hospitalier. Les maisons de retraite sont alors créées.

La seconde révolution a lieu entre 1999 et 2001 avec la décision de tarifer tous les établissements de manière identique, qu’ils soient publics ou privés. Ce tarif est composé de trois composants : hébergement, dépendance et soin. En complément, tous les EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) devront signer une convention tripartite comportant de nombreux objectifs de qualité. Cette tarification a fait disparaitre les établissements de petite taille au profit des résidences de plus de 70 lits qui permettent de mutualiser les dépenses de soins. Ce modèle, parfois critiqué, s’est exporté à travers toute l’Europe. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les plus grands groupes d’exploitation d’EHPAD sont tous français. La concentration des acteurs privés a eu de nombreux effets positifs. Mais rappelons qu’ils ne représentent que 22 % des lits commerciaux en France, 50 % sont publics et les 28 % restants sont associatifs. Cette concentration des grands groupes privés a sensiblement augmenté la qualité des hébergements et des services proposés au sein des établissements. Ce phénomène a aussi provoqué une standardisation « vers le haut » des EHPAD. Nous arrivons aujourd’hui à la fin d’un cycle de modernisation de nos EHPAD.

La troisième révolution est devant nous. Elle consistera à repenser le modèle de l’EHPAD de 2030 pour les baby-boomers.

Le vieillissement est déjà en marche. La population des 75-84 ans a stagné entre 2010 et 2020 mais va exploser de plus de 45 % entre 2020 et 2030. Sur cette même décennie les 84 ans et plus vont se stabiliser. Cette tendance s’inversera à partir de 2030 avec l’explosion des 84 ans et plus et la stagnation des personnes de 75-84 ans. 2030 sera en conséquence le début de la grande dépendance ! La question se pose de la création de nouveaux EHPAD à l’horizon 2030. C’est donc maintenant que les Pouvoirs Publics doivent s’interroger sur l’hébergement des seniors et de l’adaptation des logements au vieillissement.

Une nouvelle génération de seniors

La nouvelle génération de seniors va se poser la question de son propre vieillissement. On observe déjà une mobilité géographique des seniors vers les centres-villes. De plus en plus de seniors envisagent cette « mobilité de logement » en quittant leur maison en périphérie des villes pour se rapprocher des commerces et services. Pourquoi ? Le profil type d’une personne âgée en résidence seniors est une femme veuve de 80 ans. Cette personne, à la mobilité réduite et n’ayant dans la plupart des cas plus de voiture pour se déplacer, vit dans un rayon géographique de 300 à 400 mètres autour de son habitation. La résidence seniors doit répondre en premier lieu au maintien du lien social, c’est-à-dire au besoin de rompre l’isolement par la proximité des commerces et des services.

Dans les prochaines années, il n’y aura pas un mais plusieurs modèles de résidences seniors prenant en compte la diversité des territoires et des populations. La résidence seniors telle que nous la connaissons continuera d’exister mais une forte volonté politique tend à développer l’habitat inclusif. Il s’agit là de pavillons – hébergeant environ 8 personnes – implantés dans des bourgs de communes de moins de 2 000 habitants. On commence également à voir des concepts d’hébergements pour seniors accolés à des EHPAD. Cet éventail de solutions permettra de répondre à des besoins multiples avec des niveaux de prix très différents.

En conclusion, et pour appréhender le marché des seniors de demain, il faut étudier la sociologie des personnes âgées, la démographie et son évolution au fil des années, ainsi que l’évolution des territoires. L’enjeu : offrir une réponse sur-mesure aux besoins des seniors de demain, qu’ils soient autonomes ou dépendants.

 

Cet article vous est proposé par Luc Broussy, président de France Silver Eco

Article issu d’un webinaire organisé par Consultim Groupe le 11/03/21 sur « l’Hébergement des seniors ».

Résidences services seniors : un investissement socialement responsable

Résidences services seniors : un investissement socialement responsable

Aujourd’hui, 16 millions de Français ont plus de 60 ans et en 2030 ils seront 20 millions. Proposer des logements adaptés aux seniors, leur offrir un habitat bien pensé et sécurisé, pérenniser les liens sociaux et garantir leur autonomie devient alors un enjeu prioritaire de la « Silver économie ». Le support résidences services seniors permet alors de répondre à ces nouveaux besoins. 

Le vieillissement de la population : un enjeu majeur du 21ème siècle

Depuis plusieurs années, le vieillissement de la population est un enjeu majeur. En effet, nous faisons face à une évolution démographique inédite. D’ici 2070, la quasi-totalité de la hausse de la population concernerait les personnes âgées de 65 ans ou plus, avec une augmentation particulièrement forte pour les personnes de 75 ans ou plus. Cette évolution conséquente de la population représente ainsi un enjeu fondamental sur le plan humain et sur la société dans son ensemble à travers les secteurs tels que les services d’aide à la personne, l’aide à domicile, l’habitat, le transport, la sécurité et les loisirs. Nous pouvons alors identifier de nouvelles attentes des personnes âgées en termes d’immobilier.  

Les résidences services seniors

Les résidences services seniors répondent aux préoccupations des seniors autonomes qui vivent dans des logements qui ne sont plus adaptés à leurs besoins : surface devenue trop grande, entretien trop contraignant ou encore localisation inadaptée à leur mode de vie… Ces résidences ont pour objectifs de répondre à des besoins de plus de sécurité, de confort et simplifient la vie du locataire via des outils connectés ou encore un panel de services à la carte (sport, piscine, ateliers créatifs…) en fonction des envies du quotidien. Réduire l’isolement est aussi l’un des enjeux essentiels puisqu’en France, plus de 900 000 seniors sont en situation d’isolement social dont 300 000 recensés qui n’ont pratiquement aucun contact avec autrui, tout cercle confondu : familial, amical, voisinage ou réseau associatif. L’isolement est malheureusement un facteur de risque important de perte d’autonomie. En se rapprochant du cœur des villes, les seniors peuvent participer à la vie économique et avoir accès à l’ensemble des services du quotidien et commerces de proximité. Ils participent à la vie associative du quartier en réalisant des sorties, des activités sportives ou culturelles. Ces résidences s’adaptent ainsi aux seniors d’aujourd’hui tout en leur offrant une réelle indépendance.

Pourquoi investir dans une résidence services seniors ?

La silver économie, soit l’économie des seniors, concerne l’ensemble des produits et services destinés aux personnes âgées de plus de 60 ans. L’objectif de ces produits et services est d’améliorer leur qualité de vie. Aujourd’hui, même s’il existe différentes gammes de résidences seniors avec des exploitants spécialisés pour répondre à différentes typologies de clientèle, la demande reste supérieure à l’offre. On estime à 81 200 lits à fin 2020 disponibles en résidences seniors pour plus de 6 500 000 personnes de plus de 75 ans. Le taux de couverture est donc encore très faible. Investir en résidences seniors c’est le moyen de donner du sens à son investissement puisqu’il va permettre de participer à un enjeu sociétal fort et de favoriser le bien vieillir de nos aînés.

Les avantages de l’investissement en LMNP 

Investir en résidence seniors consiste à investir en location meublée, soit, la location d’un logement disposant d’un mobilier pour permettre au locataire de l’occuper immédiatement. La principale caractéristique de la location meublée en résidence services (résidences médicalisées, tourisme, affaires, seniors, étudiantes) c’est le fait que le locataire n’est pas le locataire final qui habite l’appartement. L’investisseur loue son bien à un exploitant professionnel qui va à son tour le louer à un résident. En résidence seniors, ces exploitants sont spécialisés et au service du bien-être des seniors.

L’exploitant gère l’intégralité de la résidence dans laquelle l’investisseur a acquis un logement. L’investisseur, propriétaire du bien, conclu donc avec l’exploitant un bail commercial. L’objectif de ce contrat est d’éviter les risques d’un bail locatif traditionnel que l’on peut avoir sur de l’investissement résidentiel. L’exploitant va porter la majorité, voire la totalité des charges de copropriété, de travaux et de taxes foncières dans certains cas. Via ce bail commercial, l’exploitant professionnel est également chargé de louer les appartements. Le bail commercial va ainsi permettre d’éviter les risques locatifs puisque l’exploitant doit verser de manière régulière les loyers tels que définis dans le bail commercial. Ce bail offre ainsi à l’investisseur un confort de gestion. Ce type d’investissement permet également à l’investisseur de bénéficier de rendements élevés permettant de préserver son pouvoir d’achat et de bénéficier du remboursement de la TVA. C’est un investissement idéal pour anticiper sa retraite en créant des revenus supplémentaires tout en profitant d’une fiscalité particulièrement attractive en générant des revenus défiscalisés. Investir en location meublée et notamment en résidences services seniors, permet à l’investisseur de sécuriser son patrimoine via un actif tangible et résilient.

Investir en résidence services seniors permet ainsi de répondre à des enjeux sociétaux et démographiques tout en offrant indépendance, sécurité et sociabilité aux personnes âgées. Un investissement qui a du sens et qui s’adapte à la conjoncture !

Cet article vous est proposé par Cerenicimo

Présent sur le marché des résidences seniors depuis 2008 avec 60 résidences commercialisées, soit 4 850 logements.

Les seniors : quels besoins, quelles envies ?

Les seniors : quels besoins, quelles envies ?

Le véritable enjeu de notre décennie est le vieillissement de la population française et l’explosion de la dépendance. L’EHPAD répond essentiellement à une problématique de fin de vie, en moyenne après 84 ans ; l’espérance de vie dans ce type d’établissement y est d’ailleurs très courte. La question majeure se situe avant l’entrée en EHPAD et réside en la capacité à mesurer les besoins, tant en termes quantitatifs que qualitatifs.

Vieillissement de la population et hébergement

On constate qu’entre 40 et 50 % des personnes de plus de 75 ans éprouvent des difficultés dans leurs activités quotidiennes. Entre 2020 et 2030, la cohorte des 75-85 ans va augmenter de 2 millions de personnes, de 1,1 million d’ici à 2025 ! Le besoin d’hébergements et de services adaptés pour cette population est en train d’exploser.

Pour répondre à cette forte demande, les acteurs privés sont en mesure de construire rapidement des hébergements adaptés aux seniors, mais la question centrale – que doivent se poser les acteurs de ce marché – demeure l’étude des nouveaux besoins et des nouvelles envies de cette catégorie de personnes. Qu’est-ce que la résidence services seniors de demain ? Comment éviter le phénomène de ghettoïsation et intégrer pleinement les seniors au reste de la population ? Le vrai sujet n’est finalement pas une problématique de capacité de production mais bel et bien le positionnement de l’offre d’hébergement au regard de l’évolution des attentes des nouvelles générations de seniors.

Le second élément central de cette analyse du vieillissement de la population française est la démographie. En France, on fait moins d’enfant qu’auparavant, ce qui augmente mécaniquement « la charge par enfant » et rend plus difficile pour un ou deux enfants de subvenir aux besoins de leurs parents. La baisse de la natalité a aussi renforcé l’importance de l’enfant pour ses parents. La relation entre parents et enfants est très forte et lorsque ces derniers quittent le cocon familial, une première déchirure se produit, d’autant plus si la séparation géographique est grande. Ceci représente une première phase de l’isolement. Lorsqu’ils quitteront à leur tour leur maison pour aller vivre en résidence seniors, ils doivent pouvoir conserver ce lien avec leurs enfants et les recevoir dans leur nouvelle habitation. Pour faire jouer à plein la solidarité intrafamiliale et intergénérationnelle, il faudra être en mesure de rapprocher les lieux de vie des seniors et de leurs enfants. Ce sont des freins qu’il faudra pouvoir lever.

Autre phénomène démographique qui change la donne : la multiplication des familles monoparentales. Autrefois, une personne pouvait aider et accompagner son conjoint. Aujourd’hui comme nous vieillissons moins en couple, la présence d’un aidant devient un sujet familial et social. 

Un véritable enjeu de société

La création d’hébergement pour seniors représente un véritable enjeu de société qui ne se résume pas à reproduire le modèle actuel puisque le profil sociologique de notre population change.

Dans la grande majorité des métropoles, une offre est déjà existante. En se développant dans les zones concentrées à fort pouvoir d’achat où les clients sont les plus solvables, les résidences seniors ont avant tout répondu à une équation économique. Mais le tsunami démographique va également intervenir dans les quartiers périurbains et dans les villes moyennes, où les besoins d’hébergements pour seniors vont exploser, avec des caractéristiques sociologiques et économiques très différentes. Le modèle doit donc s’adapter pour répondre aux diverses facettes de ces populations des centres-villes des grandes métropoles, des quartiers péri-urbains et des villes moyennes.

  

Un article rédigé par Pierre Sabatier

Économiste prospectivite, conférencier,
Président de Prime View, Vice-président de l’AUREP.

EHPAD et Résidences Services Seniors : comprendre leurs différences

EHPAD et Résidences Services Seniors : comprendre leurs différences

Les EHPAD (Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) et les Résidences Services Seniors entrent tous les deux dans la catégorie beaucoup plus vaste des Maisons de Retraite. La différence fondamentale entre ces deux types d’établissements, outre leur périmètre juridique, tient principalement dans le niveau d’autonomie des résidents et par conséquent dans leurs besoins de prise en charge.

Il convient donc d’opérer une distinction claire entre ces deux typologies : à la différence des EHPAD, les résidences services seniors ne sont pas des établissements médicalisés. Ces dernières ne proposent pas de prise en charge médicale organisée en lien avec l’ARS et un médecin coordinateur de leurs résidents, seule y est possible la mise en place d’une aide à domicile (aux frais du résident) ou le cas échéant l’intervention de services de soins infirmiers à domicile (SSIAD). Elles ne peuvent, de fait, accueillir que des personnes âgées relativement autonomes.  A contrario, les EHPAD sont en capacité d’accueillir à la fois des personnes âgées autonomes mais aussi des personnes âgées dépendantes, voire très dépendantes.  

Définition et fonctionnement des EHPAD

Les EHPAD sont des structures qui dépendent du secteur social et médico-social au sens de l’article L. 312-1-I-6° du Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF). S’agissant d’un établissement social ou médico-social, l’ouverture d’un EHPAD est expressément soumise à la délivrance d’une autorisation d’exploitation (article L312-1 et suivants). Celle-ci, délivrée après avis de la Commission d’Appel à Projet, est soumise à une procédure d’autorisation conjointe du Président du Conseil Départemental et du Directeur Général de l’Agence Régionale de Santé (ARS). Valable 15 ans, elle fait l’objet d’évaluations internes et externes régulières pendant toute sa durée et lors de son éventuel renouvellement. Il y a donc un numerus clausus strict pour ce genre d’établissements qui ne peut être ouvert sans cette autorisation.

S’agissant d’un établissement devant délivrer des soins, il doit par ailleurs obtenir une autorisation et conclure avec les autorités de tarification soit une Convention Tripartite (si avant conclusion d’un Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens – CPOM), soit chaque année un Etat Prévisionnel des Recettes et Dépenses (EPRD) fixant les objectifs de qualité de prise en charge et ses moyens financiers de fonctionnement (budget dépendance et hébergement délivré par le Conseil Général et budget soins délivré par l’ARS). Un EHPAD dispose de trois sources de rentrées financières :

  • Le tarif hébergement: entièrement à la charge du résident qui peut sous condition de ressources bénéficier de certaines aides (APL/ALS) qui couvre toutes les dépenses relatives à l’hôtellerie, la pension… Dans certains établissements habilités à l’aide sociale, tout ou partie de ce tarif hébergement peut être pris en charge par le Conseil départemental.   
  • Le tarif dépendance: ce tarif est variable en fonction du degré de dépendance de la personne hébergée (évalué par un médecin en fonction d’une grille d’évaluation – de GIR 1 très dépendant à GIR 6 pas de dépendance notable), il est pris en charge par le résident avec possibilité de bénéficier de l’APA).
  • Le tarif soins: entièrement pris en charge par l’assurance maladie.

Il s’agit donc d’établissements recevant un public potentiellement très dépendant et nécessitant alors un personnel de soins et d’accompagnement conséquent (environ 0,6 équivalent temps plein par résident).

Ne pas confondre EHPAD et Résidences avec services pour Seniors

Les résidences avec services pour seniors gérées par un exploitant professionnel ne sont quant à elles pas destinées à l’accueil de personnes âgées dépendantes mais de personnes âgées encore autonomes. Ces résidences, non soumises à des procédures d’autorisation d’ouverture préalables, s’adressent majoritairement à des personnes de plus de 75 ans à la recherche d’un hébergement sous forme d’appartements (du type 1 au type 3 en général) accompagné de services complémentaires : restauration, conciergerie, animations… Côté tarifs, deux composantes sont à souligner : l’hébergement et les services (restauration, blanchisserie, ménage…). La tarification des services fonctionne généralement sous forme de forfaits, avec des services additionnels et optionnels.

A noter qu’en fonction des services proposés – à la personne ou services d’aide et d’accompagnement à domicile – elles doivent cependant obtenir des agréments des services de l’Etat.

S’agissant de seniors autonomes, il s’agit d’un choix de la part des résidents d’opter pour un nouveau mode d’hébergement. Les moteurs dans la prise de décision sont les suivants :

 

  • Rompre leur isolement et, tout en gardant son indépendance, vivre avec d’autres personnes
  • Faire le choix d’un logement configuré conformément à leur nouveau mode de vie (présence d’ascenseurs, salle d’eau adaptée, cuisine aménagée…)
  • Bénéficier des services aptes à faciliter leur quotidien : restauration, aide à domicile, assistance 24h/24

A la différence des EHPAD, ces résidences services offrent des logements privatifs plus grands et dont la définition est au final très proche d’un appartement traditionnel avec, en outre, la possibilité pour le résident d’apporter ses effets personnels et du mobilier lui appartenant. Tout cela concourt à renforcer le sentiment de vivre chez soi, dans un environnement adapté à ses besoins et aux nouvelles contraintes que l’avancée en âge et l’isolement engendrent. S’agissant de seniors autonomes, leur besoin de lien social passe aussi par une accessibilité aisée aux commerces de proximité, aux transports en commun et aux conditions d’accueil de leur famille, autant de critères importants dans leur choix d’un nouvel habitat.   

L’hébergement seniors, l’enjeu de demain

Ce besoin d’un hébergement dédié aux seniors autonomes apparait d’autant plus important qu’aujourd’hui moins d’un logement sur dix a fait l’objet de travaux d’adaptation. Par ailleurs, chaque région verra le nombre de personnes de plus de 75 ans augmenter de plus de 45 % à horizon 2040 d’après les dernières prévisions de l’INSEE.  Même si le nombre de résidences services augmente chaque année, le sujet de leur hébergement deviendra très bientôt un enjeu crucial.

Selon l’INSEE, si les personnes de plus de 75 ans représentent aujourd’hui environ 9 % de la population, ils regrouperont plus de 12 % de la population à horizon 2030. Depuis plusieurs années, malgré cette pression démographique, les autorisations d’ouvertures d’EHPAD sortent au compte-goutte… Mécaniquement, les EHPAD accueillent une population toujours plus dépendante, laissant malheureusement les personnes moins dépendantes et celles quasiment autonomes dans l’incapacité de trouver un hébergement, ces dernières se tournant de plus en plus vers les résidences services.

 

Nous sommes donc, tant pour le sujet des EHPAD que pour le sujet de résidences services seniors qui répondent, vous l’aurez compris, à des besoins différents, confrontés à un enjeu social et sociétal. Il appartient à tous les acteurs concernés, qu’ils soient publics ou privés, de trouver les réponses à ce défi majeur.

 

Cet article vous est proposé par Cerenicimo

Plateforme indépendante entièrement dédiée à l’immobilier d’investissement : immobilier géré (LMNP-LMNP Censi Bouvard) et locatif résidentiel.